Article rédigé par Jean-Philippe Devogelaere paru dans le quotidien Le Soir du mardi 11 mai 2010
Louvain-la-Neuve. Des conseils gratuits pour aider les entreprises à passer le cap des cinq ans d’existence.En dix ans, une cinquantaine de projets aidés par la Fondation pour la jeune entreprise a tenu la route. L’esprit d’entreprendre reste encore à promouvoir.
Dominique Jozeau et Remy Reding reprennent, avec d’autres, le flambeau de la Fondation pour la jeune entreprise lancée au sein de l’Association des entreprises de Wavre Objectif : rayonner désormais sur l’ensemble du Brabant wallon
ENTRETIEN
Le premier est le nouveau président, très actif dans le milieu des Business Angels (qui aident les projets innovants à se développer via des mises de fonds), le second un nouvel administrateur, par ailleurs ancien président de l’Association des Entreprises de Wavre (ADEWavre). Ils sont l’exemple du renouveau de la Fondation pour la jeune entreprise (1) qui, pour souffler ses dix bougies ce mardi au palais de la gouverneure, annonce qu’elle quitte sa terre de naissance, à savoir Wavre, pour Louvain-la-Neuve. L’objectif reste le même, à savoir aider les entreprises à perdurer sur le long terme, mais avec l’envie de rayonner sur l’ensemble du Brabant wallon. Entretien avec Dominique Jozeau et Remy Reding.
Tout est donc parti d’une belle idée de l’ADEWavre…
En effet, la cheville ouvrière était Michel Coenraets, le président de l’ADEWavre de l’époque, avec Philippe Sels et Christian Francart. Ils s’étaient rendu compte qu’une société qui naissait vivait des moments très difficiles pendant les cinq premières années de sa vie. Souvent parce qu’un entrepreneur ne s’imagine pas qu’il va devoir être également comptable, financier, homme à tout faire, mais parfois aussi parce que l’idée de départ est tellement bonne et que le produit qui en découle est tellement demandé que les stocks mangent toute la réserve financière. C’est dommage de tomber en faillite dans de telles conditions.
Que proposez-vous aux jeunes entrepreneurs ?
D’abord de la disponibilité. Deux personnes assurent à temps plein le suivi administratif des dossiers. Sophie Blanchart et Pascal Landuyt répondent à toutes les questions. Avec désormais aussi un jour de permanence au zoning de Saintes. Ensuite, des parrains motivés. Les candidats qui le souhaitent présentent un projet au comité de sélection. S’ils sont retenus, ils peuvent alors recevoir des conseils avisés afin de mieux développer leur stratégie.
Des conseils payants ?
Non, c’est là notre spécificité. Même sur le long terme, il n’y a rien à payer. Dans nos statuts, il est même interdit que les parrains – nous disposons d’une cinquantaine de bénévoles – puissent investir dans le projet qu’ils suivent. Ceci, évidemment, pour éviter qu’ils fassent prendre des décisions aux jeunes entrepreneurs qui pourraient leur être profitables.
Comment vivez-vous alors ?
Notre budget de fonctionnement est d’environ 100.000 euros par an. Les salaires des deux employés de la Fondation sont financés par la Région wallonne. Les frais de fonctionnement sont, eux, assurés grâce aux aides du Forem, de la province du Brabant wallon, de l’Intercommunale du Brabant wallon, du Rotary Wavre-Europe et de GlaxoSmithKline.
Avec de beaux résultats ?
C’est difficile à déterminer car si nous avons accueilli en dix ans plus de 700 projets de toute petite entreprise ou de petite et moyenne entreprise, on ne sait pas dire ce qu’ils sont tous devenus. Même pour organiser notre fête de ce mardi, nous n’avons eu que peu de retour. C’est une caractéristique belge, les personnes et les sociétés changent souvent d’adresses. Ce qui est sûr, c’est que même si nous n’avons pas encore pu aider une IBA en puissance, nous avons eu une cinquantaine de projets qui tenaient la route et qui ont passé le cap des cinq ans fatidiques.
De bons augures pour le futur ?
Dans un certain sens, oui, mais quand on regarde les statistiques européennes sur le pourcentage de la population impliquée dans la gestion de jeunes sociétés (de 3 à 42 mois), on voit que la Belgique est en dernière position avec 0,4 % de la population, contre 4,5 % en Espagne ou une moyenne européenne de 2,3 %. Or, ce sont dans les jeunes entreprises que se trouve le réservoir de l’emploi…
(1) Voir le site www.oserentreprendre.be.